07 octobre 2007
Préface
P
01 novembre 2007
L'Avent
– L'avant ?
– Non, l'Avent !
souligner l'avent avantpendant montrer que c'est déjà commencé que je gradue les étapes, ça commencera pour de vrai toujours plus loin
je réàlise que je suis dans le chemin
quand commence le compte à rebours
les dernières couches dans le caddy
retraite: j'écoule R T T C E T je ne suis pas pressée déjà presque en vacances je me prépare je me fais belle fluide je savoure tout ce sera après
20 novembre 2007
Prélude
L'heure de la retraite a sonné. Debout c'est l'heure.
La retraite de Russie, Grande Catherine... Non, sérieux, qu'allez-vous faire ? Vous angoissez pas ? Comme vous allez nous manquer.
Une retraite heureuse, bien méritée... Et financièrement vous allez vous en sortir ?
Vous n'allez pas un peu faire des trucs ?... des remplacements ?...
Faut vous occuper, active comme vous êtes !... Toutes vos compétences ?...
Vous avez bien une idée ?
Quelles sont vos impressions ? Ça vous fait quoi ?
... Tout ce temps !...
... Profiter de vos petits-enfants...
...Voyager... jardiner... faire des choses à votre rythme...
... Le tout, c'est d'avoir des projets...
... C'est vrai, y'a des mecs que ça angoisse...
... Vous êtes jeune, encore !...
Un début, une délivrance, le temps
Il y aura même des jours où je ferai RIEN
Même pas peur. Enfin !... la joie troublante de la liberté.
Déformée par le travail gagne-pain
Le travail : un statut, un passeport, un palliatif, un faux-semblant, un cache-misère, un alibi, une fuite, un évitement, un leurre, un déguisement, une planque, une gâche, un bouclier, une retenue, un faux-ami
Où est l'art ? L'art de vivre. L'art d'oser.
L'art a un prix. L'art est cher car l'art n'a pas de prix.
Le travail, c'était tout juste bon pour les esclaves
A quoi occupaient-ils leur journée, ces hommes libres et démocrates ? Eh bien, après les massages et la gymnastique, ils allaient aux thermes.
L'après-midi, la res publica les faisait discourir sur l'agora. Et jusqu'à tard dans la soirée, ils faisaient des agapes allongés sur des divans en buvant du vin dans des coupes avec des éphèbes, avant de rentrer chez la matrone.
Et les matrones alors ? D'abord, les matrones n'étaient pas des hommes libres...
Alors ? Alors, j'ai tout à inventer. Il n'y a pas de modèle pour chercher voir et jubiler
C'est comment avant de faire de vieux os, le soir à la chandelle ?
20 février 2008
Préparation pour partir
Ecrivons un petit peu. A brûle pourpoint. Sans prévenir. Tout de go.
Partir, en préparation de partir. En vue d'un voyage. En partance. Bientôt. Très bientôt. Imminence.
Est-ce qu'on est encore là, quand on n'est déjà plus là ou qu'on sait que bientôt on ne sera plus là ?
C'est comment la Mort ? Ça se prépare ? Le grand voyage, on dit.
Les pharaons, eux, c'est sûr, ils préparaient.
Tout
bien en détails, même. Quand on prépare, c'est encore maintenant ou
c'est déjà le début du voyage ? C'est comme le placenta. C'est plus la
mère ou le bébé, le placenta ?
Alors, on dirait que je serais partie...
Partir . En route ! Hop ! Quand ? Après les gelées matinales. Après le mauvais temps.
Quand le mimosa aura explosé – Quand je serai grande – Quand je serai à la retraite
Après... Bientôt...
Demain – Demain, j'arrête de fumer – J'arrête quand je veux !
« Ça commence quand je commence ! » Lacan
Un jour, je partirai. A l'aube. Il fera beau.Mon
jardin essaiera de me retenir mais je partirai quand même. Dès
potron-minet... A brûle pourpoint. Sans prévenir. Tout de go...
01 mars 2008
Préliminaires
Hélène _ Ouais, je pars avec toi! Pour maigrir . Super.
Et puis, c'est pas le genre de choses que tu fais jeune..
Elisabeth _ Pourquoi Compostelle?
Catherine _Avec des sous, je ferais bien un trek dans les Andes...
Elisabeth _ Moi, je voyagerais bien seule mais j'ai peur...
Catherine _ De quoi ?
Elisabeth _ ...
Olivier _Et alors tu vas trouver la foi peut être ...
Catherine _Impossible .
Ma voisine _ Toute seule?
Jacques _ Tu vas faire des rencontres, plein...
Catherine _Pitié! Non!
Christiane_ Mais pourquoi Compostelle? C'est loin. Revenir sur les lieux de son enfance, oui, d'accord , je comprends mais Compostelle...
Catherine_...Souviens toi... Les années 70... Quand on est parties trois mois et demi aux Etats Unis, sans argent, avec quelques adresses, confiantes. La mode était au "Voyage - recherche -découverte -expérience- transformation" et ce n'était pas encore du bizeness, du clef en main, du convenu. J'ai envie de retrouver,non pas ma jeunesse, mais cette dynamique où j'accueille tout ce qui vient avec plaisir et curiosité parce que je suis en marche. Il me semble que Compostelle, c'est quelque chose comme ça.
"Actuel"...Quand ils parlaient du guide du parfait petit routard...Quand ils décrivaient le sac...une lampe de poche, un couteau, des trucs anti palu..., ils ne disaient à aucun moment de ne pas oublier sa pilule... En fait, ils ne s'adressaient qu'à 50 % des gens: les mecs. Comme ça nous énervait! Moi, je vais partir sereinement sur une voie millénaire,sans crainte,toute seule comme plein d'autres femmes et ça va être facile! Tu sais, j'ai lu dans "Historia", que le profil-type du pèlerin du 21ième siècle, c'est une pèlerine de plus de 50 ans.De là à écrire à mon retour, "Le guide de la parfaite pèlerine"!
Il me semble que Compostelle, c'est gite et sécurité assurés, sans brigands de grands chemins, sans agresseur présumé. Bon, c'est un but, c'est une durée importante pour s'isoler...
Et puis Félix ne part pas de la maison, Adélaîde y revient après chaque rupture... On dirait qu'ils ont peur , qu'ils sont bien avec ce qu'ils connaissent déjà... Qui a dit que, sommes toutes, sur toute une vie, on ne vit finalement que très peu de temps avec ses enfants? Si je fais le calcul!... J'arrive pas à donner des coups de bec,comme les mamans oiseaux . Alors, tu crois que si je montre l'exemple, si je pars résolument, sans préparation, avec joie, sans peur, sans appréhension ...? Higelin chantait : "...Il aime la vie et la mort ne lui fait pas peur... " A leur age, j'avais envie. En vie. Enfin, je crois... En tout cas, dés que j'avais trois sous, un vol sec, un sac à dos et hop! C'est peut être mon père, l'exemple de mon père...
Félix _... Ah... Pendant longtemps? ... Je pourrai jamais payer les factures, tout ça...
Catherine _ Mais non , bien sur. Tu auras la maison et son confort, le congèl, plein de conserves, plein de riz, plein de pâtes, de Nutella , tu devras te débrouiller pour tes transports et pour la nourriture fraiche.
Félix _ J'entretiens la maison,O K , Y'a pas de copains qui squattent, O K , je m'occupe de la chatte , O K , je relève tes messages sur le répondeur, O K , mais, dans le contrat, je m'occupe pas du jardin O K !
Adélaîde _ On me cache tout. Voila! Je l'apprends après tout le monde, une semaine avant .Et tu vas dormir où? Et tu vas manger quoi? Tu es en dehors de toute réalité, Maman. Et moi, je fais comment? Je suis en train de changer de boulot, tout ça! Tu pars pas avant que je ne t'aie présenté Julien...
Emilie _ Ah, génial! Tu devrais pas tarder, il fait bon le matin, maintenant...
Adélaîde _Et ton jardin, tu y as pensé à ton jardin?
Catherine _Je ne veux pas être prisonnière. Tous ces gens prisonniers volontaires: "je peux pas à cause de mon chien, je peux pas à cause de mon jardin, je peux pas à cause de mon poêle à bois, les impôts, les enfants, les petits enfants, les voisins,"...Je me demande s'ils ont bien en tête qu'on n'a qu'une seule vie à vivre.
Martine _ Tu sais, il parait que le chemin de Compostelle, c'est torride.
Catherine _ Chouette!.
Martine_ Non, sérieux! Je connais quelqu'un qui a rencontré une femme sur le chemin, et ben , maintenant ils vivent ensemble!
Catherine_ Ah.
Emilie _ C'est Pacôme... Il risque de ne plus te reconnaitre...
Mon voisin _ Toute seule ?
Adélaîde _ Mon psy m'a dit;" Elle est croyante votre mère ? "
-"Non, absolument athée"
- "Permettez moi d'en douter Elle a sans doute quelque chose à racheter."
Catherine :
- C'est quoi ces histoires? J'ai jamais parlé d'un chemin de croix! Et si vers l'Atlantique, ça vire en thalasso, il viendra dire que je rachète quoi? Dis lui que j'y vais pieds nus, que je porte un cilice et que je l'emmerde.
C'est un moyen qui existe, qui est dans ma culture, j'utilise ce moyen c'est tout.... Compost Elle ... Compost Elle... dans ce fatras, ce tohu bohu, ce magma , je veux trouver Moi, c'est tout.
Francine_C'est pas parce que nous t'avions offert un G P S pour ton départ à la retraite qu'il fallait te croire obligé...
Ayé! je suis revenue. J'y suis allée et je suis revenue. J'en suis revenue et je suis là. J'étais partie. Pour un temps. Revenue. Revenue de Compostelle. J'avais décidé, j'ai marché. A la fin, je suis arrivée à Santiago de Compostelle. Je n'avais pas fait tout ce chemin pour une cathédrale, un encensoir, les reliques d'un saint.
Ainsi, comme je ne savais plus faire que ça, j'ai continué à marcher. Plus loin. Encore. Encore un peu. C'était Fisterra; Le Finistère; Le km 0; Le phare de Fisterra.Et puis les rochers.
Après, après les rochers, il y avait la mer de plomb, le ciel tourmenté, les mouettes hurlantes, affairées la brume mauvaise et les nuages gris qui cachaient les limbes, le non droit, le non dit, le non connu, l'ailleurs, l'au delà.
Alors moi, j'ai dit j'arrête, j'arrête de marcher, je reviens. Je suis satisfaite, comblée, engrossée de moi, pleine de moi. C'était fini. C'était bien. Je suis revenue.
02 mars 2008
Prolégomènes
- Alors, toujours là ?... Je te croyais partie !...
Tous les jours, plusieurs fois par jour, le téléphone.
- Bnonfroidunp'titpeu bientôt bientôt...
Je lis, je me goinfre de livres et j'attends. J'ai peur de manquer alors je m'empiffre, le jour, la nuit, je lis, je me remplis de lire. Plein. Je rallume et je lis encore.
Je suis dans l'expectative. Enceinte, j'approchais de la date ultime ; incertaine mais irrémédiable. J'allais changer d'étape, d'état.
- Alors, c'est pour quand !
Fichez-moi la paix. C'est pour bientôt, je vous ai dit.
Quand les tulipes auront fleuri, quand la phacélie sera sortie, quand Adélaïde aura son nouveau job, quand les poules auront des dents. Et puis, il faut que je vote. Au premier tour. Et au deuxième tour aussi sinon c'est pas la peine ! Il faut que j'aille à la chorale de Emilie, elle y tient beaucoup. Moi aussi. Je ne peux pas partir avec ce froid, c'est idiot, j'attends encore un peu. Oh oui encore un petit peu ! Encore un peu de quoi ? d'attente, de entre deux Avant Après. Encore un peu de Avant.
- Maman, tu écoutes ce que je dis. Tu t'en fous complet, quoi !
Dans ta tête, tu es déjà partie.
Ah oui...
Alors je suis donc plus dans le Avant ?
C'est le bébé ou la maman qui décide du moment de la naissance?
Après 18 ans, on est majeure. Oui, on n'est plus jamais mineure. Après la vie, on est mort, plus du tout vivant.
- Dis donc, tu attends quoi ? La St Glinglin ?
Je lis des livres, j'attends.
Deux, trois trucs à fignoler dans le jardin, avant le printemps.
Oui oui je suis prête.
"A partir pour partir, je ne veux pas attendre" chante Barbara...
Pourtant, je suis joyeuse de partir, j'ai le gout de partir. Seule.
- Toute seule ? T'es sure ?
Oserais-je dire que ce serait un supplice de partir accompagnée ! Par un proche, un intime, par un autre, par l'Autre. Au secours, j'étouffe, laissez-moi !
Et pourtant ils vont me manquer, vous allez me manquer... mes gros doudous !...
"Mercredi, je garde Pacôme, mercredi ? Avec plaisir. Bon, après, faudra pas que je tarde !..."
" Samedi soir, une petite bouffe. Oh génial si, si,si, je serai encore là samedi... Avec ce temps pourri !..."
"Et bien d'accord, à jeudi, donc"
Les jours passent...
Lundi, oh c'est bête, demain je vais pas rater y'a atelier écriture, j'attends mercredi. Je vais pas rater. Emilia, elle rate, elle.
Bon allez hop, je sens l'appel de... de quoi ?
Alors je lis, je lis plein de livres - Encore.
J'attends, j'attends mon heure.
03 mars 2008
La recherche du temps perdu
...Que de temps perdu!... Perdu pour la France. Perdu. A tout jamais. "Et tout ce temps perdu ne se rattrape guère..." chante Barbara. J'ai froid, j'ai mal aux yeux, j'ai mal au dos. Le vent dessèche tout au jardin. Il faut bien l' arroser quand même! Les pétales de l'abricotier se sont envolés. A tout jamais. C'est fatigant de lutter contre ce vent. c'est fatigant d'attendre. c'est fatigant d'être toujours là. "Anne, ma soeur Anne?..." "Je ne vois que l'herbe qui verdoie et la route qui poudroie..." La route poudroie. Et moi, j'ai mal au dos. Emilie me dit:"J'ai l'impression d'être Noëlle Chatelet qui attend que sa mère se donne la mort; chaque fois que je te vois risque d'être la dernière avant que tu ne choisisses de partir. C'est angoissant." Ah... Il faut donc que je choisisse de partir...C'est à moi de décider? Mais enfin, j'ai fait la route 66 en mon temps, quel besoin ai je de faire Compostelle maintenant que je suis toute vieille? Et que j'ai mal au dos. Et que j'ai mal aux yeux aussi. Et que j'ai froid .Et que le vent me tourmente.
Récapitulons: - Quand faut y aller, faut y aller. -"Ca commence quand Je commence " - "Le sujet n'est coupable que d'avoir céder sur son désir" - Faut pas trop tarder si je veux éviter les touristes ( en juin, un pèlerinage "spécial femmes" fait Logrona Santiago! ) - Et puis , j'ai le gout, oui ou non? Je n'attends que ça, je suis toute prête et je me réjouis. Temps perdu. Limbes d'un voyage. Les derniers jours avant l'accouchement. Le moment pas encore. L'entre deux. Il ne tient qu'à moi. Sans plus attendre.
04 mars 2008
Préalable
Je pars quand?
Après les gelées. Résolument. Je n'ai pas envie d'emporter des gros pulls lourds, des gants, une écharpe,un pantalon épais, un gros duvet. Je n'ai pas envie d'avoir froid.
Ou bien à l'automne.
C'est bien l'automne.Pour partir. Oui mais je ne sais pas combien de temps je vais mettre, alors risquer d'arriver dans les Pyrénés en hiver, merci !... Reculer... encore un petit peu...
Ayé, le gazon pointe son nez, un imperceptible duvet vert tendre! Mais oui! Mais si!Enfin le gazon, c'est pas flagrant. Mais j'ai coupé les jonquilles et aussi les jacinthes. Bon, je vais attendre le muguet, maintenant ?
Non , mais, les impôts; Ce serait quand même plus raisonnable d'attendre un peu .Je fais ma déclaration, tranquille, et puis, hop, je pars!... ..Non?...
"A partir pour partir...", je choisis mon heure, c'est tout.
Tout à l'heure. Demain. Dés potron-minet. Avis de tempête. Vent et froid toute la semaine. Bon , j'attends encore un petit peu. Pour mes grossesses, c'était pareil, j'étais prête longtemps à l'avance et puis j'attendais. J'attendais l'évènement qui crée un Avant et un Après. Après, je serai sur le chemin de Compostelle. Après , je serai mère. Après être aller à Florence, j'aurai vu pour de vrai Florence et ses merveilles. Après. Après. Plus tard. Quand m'autoriserai je ? Quand serai je habilitée?
"...Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà..."
Finissons en! Et je partirai par impatience, dans la tourmente de l'hiver pas fini et j'en baverai et je serai malheureuse et découragée dans le brouillard glacé, dans les sapins noirs et personne ne voudra m'accueillir pour la nuit et je pleurerai seule au monde dans la neige.
Non , mais ça va durer encore longtemps ? Bon, allez, dés que le tube de dentifrice est vide...
05 mars 2008
Préannonce
Les reins cassés, je suis moulue. Avant de partir, je voulais niveler le sol, à l'endroit où j'ai ressemé de l'herbe et voilà! Je rentre dans la maison courbée, fatiguée. Le canapé moelleux aux couleurs que j'adore me tend les bras. Les coussins sont chauffés par l'effet de serre de la fenêtre. La chatte ouvre un oeil, s'étire. Tout est chaud, ensoleillé, nirvanesque. En fin de journée, j'ai envie de confort. Je repense au grand père de Christiane, dont la femme disait , à 84 ans, qu'il était encore un "vert galant". Il me faisait envie, les pieds dans des charentaises, dans le four, après une bonne vie...
Non, je n'ai rien à racheter. J'ai envie de partir, pas de me mettre à l'épreuve. Je peux rentrer dans 15 jours, ce n'est pas un défi.Je peux avoir envie de me reposer et de profiter d'un endroit qui me plairait. C'est mon voyage.Je peux trainer, visiter, profiter.
Mais je ne peux plus partir, je me suis fait un tour de rein. Faut que je me repose. On verra plus tard. Je m'allonge avec un bon bouquin: "J'irai par les sentiers fouler l'herbe menue..."
20 mars 2008
J'y go d'agneau
Ce matin, il devait être 5 heure 30, la chatte, qui était couchée à mes côtés, a eu un drôle de miaulement plaintif, elle s'est levée pour aller taper furieusement contre la vitre, comme je n'avais pas fermé les volets, on voyait un chat que je ne connaissais pas, qui se tenait benoitement sur le rebord extérieur ; alors j'ai ouvert pour qu'elle cesse son gémissement et qu'elle s'explique avec ce nouveau venu plein d'aplomb. Le temps avait l'air pas mal , j'ai souri et j'ai appuyé sur la sonnerie du réveil.J'ai pris une douche, je me suis habillée avec soin( tout était prêt depuis longtemps) ,j'ai bien déjeuné, j'ai révisé mon sac.Je n'ai pas vidé la cendre encore chaude du poêle, Je n'ai pas porté la poubelle. Je n'ai pas donné sa patee à la chatte.Je n'ai pas donné un coup de balai.J'ai rincé mon bol, c'est tout.Oui, le temps était pas mal. Le jardin frétillait.J'ai demandé de sa force et de son élégance au palmier . Ensuite,j'ai fait de gros bisous pour de vrai, puis par téléphone,puis par mail.Je suis partie avec mon sac et mon chapeau vers le Sud. C'était facile, comme début. Il était 7 heures 30, il faisait 11°, c'était le premier jour du printemps. Et je gloussais, je gloussais.